Tinah Drevet :
Au commencement était le groove…
Il est des voix qui ne chantent pas : elles s’ouvrent. Comme une mer, comme une promesse. Tinah Drevet est de celles-là. Elle ne pousse pas des notes, elle soulève des mondes. Chanteuse de gospel, cheffe de chœur, formatrice, autrice, révélatrice de groove… Tinah est une onde qui traverse, bouleverse, embrasse.
Née à Darjeeling, élevée sur les terres bretonnes, elle porte en elle le croisement d’horizons lointains et de racines profondes. Dès l’enfance, c’est par le piano qu’elle entre dans la musique, mais c’est le corps qui, très vite, réclame sa part. Le chant ne suffit pas : il faut que ça vibre, que ça bouge, que ça pulse. Le gospel devient sa terre, le rythme sa langue maternelle. À Paris, elle rencontre Jérôme Savary, qui l’invite à fouler les planches du Théâtre national de Chaillot : l’art scénique devient alors un terrain d’exploration autant qu’un tremplin.
De cette trajectoire naîtra Expression Chorale, une école où Tinah enseigne non seulement la voix, mais la présence. Car avec elle, le chœur n’est jamais un décor : il est cœur, il est chair, il est choeur. Des centaines de choristes, professeurs, chefs de chœur ont croisé sa route, son souffle, son feu.
Son enseignement est une invitation à « habiter le rythme ». À faire danser les silences, à sculpter l’instant avec le corps. Elle appelle cela les clés du groove - un art de la résonance collective où l’on devient, ensemble, plus grand que soi.
Tinah ne dirige pas : elle rassemble. Elle ne forme pas : elle révèle. Elle ne transmet pas : elle ouvre les voix.
Chacun de ses concerts, chacun de ses stages est un appel à retrouver la part vivante en nous. À chanter pour se souvenir. À vibrer pour se tenir debout.
Dans un monde qui va trop vite, sa musique prend le temps d’être vraie.
Et quand elle lève les bras, ce n’est pas pour donner le tempo - c’est pour élever les âmes.
Sebastien Laurent